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La santé pour tous !

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Dans de nombreux couples, une personne endosse naturellement le rôle du pilier. C’est celle qui anticipe, rassure, organise, apaise.

Celle sur qui tout repose, quoi qu’il arrive. Vue de l’extérieur, elle paraît solide, mature et émotionnellement compétente. Pourtant, derrière cette façade valorisée se cache parfois un schéma relationnel discret mais profondément épuisant : la codépendance à haut potentiel.

Contrairement à l’image classique de la codépendance, souvent associée à une dépendance affective visible, cette forme est socialement bien perçue. Elle ressemble à de l’amour, du dévouement, de la loyauté.

Elle s’exprime par une grande autonomie, une capacité à tout gérer et une forte intelligence émotionnelle.

Mais cette hyper-compétence n’est pas toujours le fruit d’une empathie sereine : elle est souvent liée à une hypervigilance développée tôt, pour éviter le conflit, l’abandon ou le rejet.

Comprendre l’autre avant même qu’il ne parle, ajuster son comportement en permanence, donner sans compter pour rester indispensable… Peu à peu, cette stratégie de survie pousse à s’investir au détriment de sa propre paix intérieure.

Plus la personne « assure », moins sa fatigue émotionnelle est visible — parfois même pour elle-même.

Dans le couple, ce fonctionnement crée un déséquilibre silencieux. Le partenaire « qui assure » devient le régulateur émotionnel officiel : il porte la charge mentale, absorbe les tensions, minimise ses besoins et s’adapte continuellement.

À force, une confusion s’installe entre valeur personnelle et utilité. L’estime de soi se construit sur ce que l’on fait pour l’autre, et non sur ce que l’on est.

Sortir de ce schéma ne signifie pas aimer moins ni devenir moins généreux. Il s’agit plutôt d’apprendre à ne plus s’effacer pour être aimé, d’accepter l’inconfort de ne pas être indispensable, et de faire l’expérience d’une relation où l’on peut compter… sans devoir tout porter.

 

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