Lorsqu’un proche traverse un deuil, trouver les mots justes n’est jamais simple. Face à la souffrance, l’envie de consoler, de rassurer ou de “faire aller mieux” est naturelle. Pourtant, certaines paroles, même bien intentionnées, peuvent être mal reçues par la personne endeuillée.
Le psychothérapeute Thomas d'Ansembourg, spécialiste de la communication et des relations humaines, a récemment abordé cette question dans le podcast LEGEND. Il y explique pourquoi certaines phrases courantes peuvent, dans un contexte de deuil, faire plus de mal que de bien.
Pourquoi certaines paroles deviennent difficiles à entendre
Lorsqu’une personne est plongée dans la douleur, sa capacité à recevoir des conseils ou des messages rassurants est souvent réduite. Comme le souligne le psychothérapeute, certaines phrases peuvent devenir « inaudibles » pour quelqu’un qui souffre profondément.
Des expressions telles que :
- « Ce n’est pas si grave, tu vas t’en remettre »
- « Tu retrouveras quelqu’un » (en cas de perte d’un conjoint)
ont tendance à minimiser la perte vécue, même si l’intention est bienveillante. Elles peuvent donner le sentiment que la douleur est banalisée ou qu’elle devrait déjà être dépassée.
Le piège des conseils non sollicités
Selon Thomas d’Ansembourg, vouloir conseiller ou consoler trop vite peut surtout répondre au besoin de la personne qui parle : celui de se sentir utile, rassurante ou “aidante”. Or, dans le deuil, ces interventions ne sont pas toujours nourrissantes pour celui qui souffre.
Le deuil n’est pas un problème à résoudre, mais une expérience à traverser. Chercher à orienter, expliquer ou relativiser trop rapidement peut créer une distance émotionnelle au lieu d’un réel soutien.
Quelle attitude privilégier ?
Plutôt que de chercher les “bons mots”, il est souvent plus juste de :
- reconnaître la douleur telle qu’elle est
- écouter sans corriger ni interpréter
- être présent, simplement, sans vouloir réparer
Parfois, le silence, une écoute attentive ou une phrase simple comme « je suis là » ou « je ne sais pas quoi dire, mais je pense à toi » peut être plus aidante qu’un long discours.